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Surface en marbre

Revenge porn : comment se défendre et obtenir réparation ?

9 juin
8 min de lecture

La diffusion non consentie d'images ou de vidéos à caractère sexuel — communément désignée sous le terme revenge porn — constitue une infraction pénale expressément sanctionnée par le Code pénal français, ainsi qu'une faute civile engageant la pleine responsabilité de son auteur. Les victimes disposent de recours concrets et opérationnels : retrait d'urgence des contenus, dépôt de plainte, et action en réparation devant les juridictions civiles et pénales compétentes.


Le cabinet de Mathieu Petresco, avocat à Paris 7e, intervient à chaque étape de la procédure pour défendre vos droits avec rigueur et efficacité. Voici un guide complet de tout ce que vous devez savoir.


Revenge porn : comment se défendre et obtenir réparation ? Femme tenant un smartphone, icône de cadenas ou bouclier, symbolise la protection en ligne.

 

1. Qu'est-ce que la vengeance pornographique ?

 

Le terme revenge porn désigne la diffusion non consentie d'images ou de vidéos à caractère sexuel d'une personne, généralement par un(e) ex-partenaire ou un tiers malveillant, dans le but de nuire, d'humilier ou de faire pression. Ces éléments peuvent être publiés sur des réseaux sociaux, des sites pornographiques, des applications de messagerie ou tout autre service en ligne.

 

Il peut également s'agir de montages ou de deepfakes — des vidéos générées par traitement algorithmique — qui font apparaître une personne – majeure ou mineure - dans une situation sexuelle sans qu’elle n’y ait jamais participé. Ces pratiques constituent une forme de cyberharcèlement particulièrement destructrice, avec des conséquences dévastatrices sur la vie professionnelle, sociale et psychologique des victimes.

 


2. L’arsenal législatif contre le revenge porn

 

La France dispose d'un arsenal législatif solide pour protéger les victimes de revenge porn. Il est important de comprendre les différents textes applicables, car ils définissent à la fois les infractions pénales et les droits civils dont vous disposez.


 

2.1. Le cadre répressif : infractions pénales et peines encourues

Infraction

Base légale

Définition

Peine

Captation illicite

Ce délit réprime le fait de fixer, enregistrer ou transmettre l'image d'une personne se trouvant dans un lieu privé, sans son consentement. Lorsque les faits sont commis sur un mineur, les titulaires de l'autorité parentale doivent consentir.

1 an / 45.000€ d'amende

 

2 ans d’emprisonnement / 60.000€ d'amende si conjoint ou ex

Diffusion non consentie

Ce délit réprime le fait de porter à la connaissance du public ou d'un tiers tout enregistrement ou document à caractère sexuel, même si la captation initiale avait été consentie

2 ans d’emprisonnement / 60.000€ d'amende

Fixation d’image à caractère pédo-pornographique

Ce délit réprime le fait de fixer, d'enregistrer ou de transmettre l'image d'un mineur lorsque cette image ou cette représentation présente un caractère pornographique

5 ans / 75 000€ d'amende

Deepfakes et montages sexuels 

Ce délit réprime le fait de diffuser un montage ou un contenu à caractère sexuel généré par algorithme sans consentement

2 ans d’emprisonnement / 60.000€ d'amende

 

3 ans / 75.000€ d'amende si les faits sont commis via un service de communication en ligne — ce qui est presque toujours le cas

Identité d’une victime d’infraction sexuelle

Réprime la publication de l'identité ou de l'image d'une victime d'agression ou d'atteinte sexuelle sans son accord écrit

18.000 € d'amende

Atteinte à la dignité

Réprime le fait de diffuser les représentations des crimes ou délits portant gravement atteinte à la dignité

15.000 € d'amende

 

Conseil juridique pratique d’avocats : Indépendamment d'éventuelles poursuites sur le fondement de la loi de 1881, la victime peut agir civilement sur le terrain de l'article 9 et de l'article 1240 pour obtenir réparation de l'atteinte résultant de la publication d'images intimes (Cass. 1er civ. 9 sep. 2020, n°19-16.415).

 

 

2.2. Les voies de réparation civile : un droit à réparation

 

Au-delà de la voie pénale, vous avez également le droit d'agir sur le terrain civil pour obtenir réparation. Ce droit repose sur deux piliers fondamentaux du droit français.

 

L'article 9 du Code civil dispose que « chacun a droit au respect de sa vie privée ». Les juges peuvent, sur ce fondement, prescrire toutes mesures propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à l'intimité de la vie privée, y compris en urgence, via une procédure de référé.

 

L'article 1240 du Code civil dispose quant à lui que « tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer ».

 

Toute personne dispose d'un droit exclusif et absolu sur son image, et la publication non consentie d'une séquence intime constitue une faute civile engageant la pleine responsabilité de son auteur.

 

La Cour d'appel de Paris l'a récemment rappelé avec force pour juger que la divulgation, sans consentement, d'une vidéo comportant des images à caractère sexuel constitue une faute civile (CA Paris, 3 nov. 2022, n°20/08939).

 

Les postes de préjudices réparables devant le tribunal sont multiples :

 

  • Moral : Il intègre l'atteinte à la dignité, la souffrance psychologique, les troubles dans les conditions d'existence et l'humiliation publique ;

  • Professionnel : Une perte d'emploi induite, la dégradation de votre réputation ou des difficultés dans votre vie sociale ;

  • Matériel : Les frais de soins psychologiques, les coûts liés aux démarches pour faire retirer les contenus, les honoraires exposés.

 

Conseil juridique d’avocats : En pratique, pour évaluer le préjudice, les tribunaux tiennent compte des démarches entreprises par la personne lésée pour faire retirer les données en cause ainsi que les conséquences sur sa santé (atteinte à la dignité, souffrance psychologique, troubles dans les conditions d'existence).

 

Conseils d’avocats pour les parents à l’ère du numérique : Recommandez à votre enfant, même adolescent, de ne jamais prendre de photos ou de vidéos de nature sexuellement explicite.

 

La Cour de cassation précise notamment que « les deux parents, lorsqu'ils exercent conjointement l'autorité parentale à l'égard de leur enfant mineur, sont solidairement responsables des dommages causés » (Ass. Plén., 28 juin 2024, n°22-84.760) de telle sorte que la caractérisation pénale précise des faits (article 226-8-1 ou 227-23 du code pénal) n'est pas exigée pour engager la responsabilité civile parentale de l’auteur mineur : il suffit d'un « fait » du mineur causant directement le dommage, même non fautif au sens pénal.

 

 

2.3. La responsabilité des hébergeurs et plateformes : un contentieux spécifique

 

La réparation de la victime ne se limite pas à l'allocation de dommages-intérêts ; elle implique également des mesures propres à faire cesser la diffusion des images litigieuses, en particulier sur internet.

 

La loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN) encadre ce régime de manière précise.

 

En principe, les hébergeurs ne sont pas soumis à une obligation générale de surveillance. Cependant, dès qu'ils ont connaissance du caractère manifestement illicite d'un contenu — notamment après une notification formelle mentionnant les faits litigieux, localisation exacte, les textes juridiques applicables et les démarches effectuées — ils ont l'obligation d'agir promptement pour le retirer ces données ou en rendre l'accès impossible. S'ils s'y refusent, leur responsabilité civile peut être engagée (Cass. 1er. Civ, 26 févr. 2025, n°23-15.966)

 

Par ailleurs, l'autorité judiciaire peut imposer aux plateformes une surveillance ciblée et temporaire afin de prévenir une nouvelle publication des éléments retirés.

 


3. Quels sont les premiers gestes à accomplir ?

 

Si vous découvrez que des éléments intimes ou à caractère sexuel vous représentant circulent sans votre consentement, voici les démarches essentielles à entreprendre sans attendre.

 

  • Conservez toutes les preuves disponibles : faites des captures d'écran horodatées des publications litigieuses, notez les URLs précises, les noms de comptes ou de profils impliqués, et la date de découverte. Ces données seront indispensables ;

  • Signalez les contenus aux plateformes concernées via leurs mécanismes de signalement internes. Mentionnez explicitement les dispositions légales violées (articles 226-2-1 ou 226-8-1 du Code pénal, article 9 du Code civil). Conservez la preuve de ces signalements ;

  • Contactez un avocat le plus tôt possible. Un professionnel compétent en droit pénal et civil pourra vous orienter rapidement vers la voie la plus adaptée, rédiger les notifications aux hébergeurs dans les formes requises par la loi, et préparer votre dossier pour le tribunal ;

  • Déposez plainte auprès des services de police ou de gendarmerie, ou directement entre les mains du procureur de la République. Vous pouvez également vous constituer partie civile et saisir un juge d’instruction. La brigade de lutte contre la cybercriminalité (BL2C) à Paris est spécialisée dans ce type d'infractions numériques ;

  • Signalez via Pharos (plateforme d'harmonisation, d'analyse, de recoupement et d'orientation des signalements), accessible en ligne, qui centralise les signalements d'infractions sur internet et peut faciliter l'intervention des autorités.

 


4. Comment prouver une affaire de revenge porn ?

 

La preuve dans ce type d'affaire repose principalement sur deux éléments :

 

  • D'une part, la preuve de la divulgation elle-même, établie par les captures d'écran, les constats de commissaires de justice (ex-huissiers), ou les témoignages de tiers ayant vu les images ;

  • D'autre part, la preuve de l'identité de l'auteur, qui peut nécessiter une enquête policière et des réquisitions judiciaires auprès des fournisseurs d'accès internet ou des plateformes pour obtenir les données de connexion.

 

Il est important de noter que la charge de la preuve du consentement à la diffusion repose sur l'auteur des faits. Même si vous avez consenti à être filmé(e), cela ne vaut pas consentement à la divulgation ultérieure. Ce principe est fondamental pour comprendre que la victime n'a pas à justifier ses choix passés pour obtenir justice.

 


5. Le rôle de votre avocat dans ce type de contentieux

 

Faire appel à un avocat compétent en droit pénal et dans ce type d’affaire n'est pas un luxe : c'est une nécessité.

 

Dès les premières heures, il vous conseillera sur les démarches prioritaires, rédigera les notifications formelles aux plateformes et vous aidera à constituer un dossier de preuves solide. Il pourra solliciter en urgence une ordonnance de référé devant le juge civil pour obtenir le retrait immédiat des contenus et, si nécessaire, une astreinte journalière à l'encontre des hébergeurs récalcitrants.

 

Sur le plan pénal, il vous assistera pour le dépôt de plainte, vous représentera devant les juridictions compétentes — tribunal correctionnel ou cour d'appel — et défendra vos intérêts pour obtenir la condamnation de l'auteur et la réparation intégrale de votre préjudice. Sur le plan civil, il articulera les demandes fondées sur l'article 9 et l'article 1240 du Code civil pour maximiser l'indemnisation à laquelle vous avez droit.

 

Notre cabinet d’avocats, installé à Paris 7e arrondissement, accompagne les victimes avec discrétion, rigueur et une profonde empathie pour la situation dans laquelle elles se trouvent. Maître Mathieu Petresco intervient devant tous les tribunaux franciliens et nationaux, et maîtrise les mécanismes spécifiques à ces contentieux.

 


6. Contacter Maître Mathieu Petresco, avocat à Paris 

Le revenge porn est une infraction grave, mais il est aussi une épreuve humaine qui mérite d'être traitée avec toute la considération qu'elle requiert. Maître Mathieu Petresco combine expertise juridique en droit pénal et en droit civil et accompagnement humain tout au long de la procédure.

 

Chaque dossier est unique. Nous prenons le temps de vous écouter, d'analyser précisément votre situation et de vous proposer la stratégie la plus efficace, qu'il s'agisse d'une action en urgence pour faire retirer les contenus ou d'une procédure au fond pour obtenir réparation et condamnation pénale de l'auteur.

 

Ne restez pas seul(e) face à cette situation. Contactez notre cabinet à Paris 7e arrondissement pour un premier entretien confidentiel. Ensemble, nous défendrons vos droits avec la détermination que vous méritez.


Notre cabinet intervient également dans les affaires connexes de cyberharcèlement, d'usurpation d'identité, et d'atteintes à la réputation sur les réseaux sociaux.


                                                    

 

Victime de revenge porn ? Agissez maintenant.

 

Chaque jour compte pour préserver les preuves, interrompre les délais de prescription et maximiser vos chances d'obtenir réparation. Consultation confidentielle.

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Pour toute situation spécifique, consultez un avocat.

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